INTERVIEW IN LAKESH

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  Vous avez déjà sorti deux EP (Albatros en 2014 et Coma en 2016) dans un projet qui en prévoit trois. Dans quelle démarche s’inscrit ce concept de mini-albums retraçant l’évolution de la vie humaine? 

FABIEN : A la base nous étions juste à deux avec Bertrand, on sortait d’un premier projet musical mais il y avait une certaine frustration car on était dans une autre optique avec ce premier groupe qui était de se dire « On fait de la musique ensemble, c’est cool » mais on ne sait pas trop où l’on va… Et je me suis dit : si un jour je refais un groupe avec d’autres gars, il faut qu’il y ait un véritable propos, une véritable intention. On a donc beaucoup réfléchis et on s’est dit que ce serait intéressant d’avoir une idée sur du long terme, quelque chose qui nous lie tous car cela nous donne déjà une fameuse direction : on sait où l’on va et on est déjà en train de se pencher sur l’après.

   Justement par rapport à cet après, comment voyez-vous la suite?

FABIEN : Pour la suite, il y aura d’office un autre concept derrière, c’est sûr. Après la vieillesse, il pourrait  y avoir d’autres projets, par exemple qui lieraient l’écriture avec la musique comme l’a fait Mathias Malzieu (Dionysos) qui a écrit un roman et sorti un album.  Ce genre de projet qui mêle plusieurs champs artistiques  c’est super intéressant. Enfin voilà, là je suis en train de réfléchir tout haut! [Rires]

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  Vous jouez ensemble seulement depuis 2014 et avez déjà un beau parcours scénique derrière vous : Esperanzah, La Rotonde (Botanique), Inc’Rock Festival… Vous avez également remporté le concours Tremplin du Verdur Rock en 2015. Quel regard portez-vous sur tous ces évènements qui se sont profilés assez rapidement pour vous? 

BRUNO : On joue effectivement ensemble depuis 2014. En fait, ça a été plutôt rapide au début parce que nous avons eu une super opportunité de jouer à Esperanzah. C’est là que du trio de base nous sommes passés à cinq. Par la suite, ça n’a pas vraiment continué en ascension puisque Esperanzah c’est déjà un gros festival.  J’ai vraiment l’impression qu’on prend le temps de faire les choses, il y a des gens qui sortent deux EP par an, ici on a mis une grosse année. 

FABIEN : Mais voilà c’était une volonté de sortir un truc dont on était hyper fier! Et je ne dis pas ça de manière prétentieuse…

BRUNO : D’ailleurs on s’est fait la réflexion qu’il y a beaucoup de groupes qui composent pleins de morceaux et qui sont ensuite amenés à devoir faire un tri. En ce qui nous concerne, on avait six morceaux et ils se retrouvent tous dessus. Dès qu’on a eu l’idée, on a eu la volonté de la développer jusqu’au bout et que ça donne quelque chose de cohérent à la fin.

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  Comment se déroulent les processus de composition et d’écriture? 

FABIEN : Franchement, on peut vraiment dire qu’on bosse à cinq.

BRUNO : Et ça rejoint le fait qu’on est multi-instrumentiste, on s’échange un petit peu les places et les instruments. Quand on répète, on s’assoit, on prend l’instrument qui est à côté de nous et on jam! Et là, les idées sortent…

   C’est vrai que d’un point de vue créatif, ça permet pleins d’apports…

FABIEN : A fond, et on essaye de se donner des « contraintes » dans la création. Je me dis par exemple « Tiens, moi je vais me mettre à la percu », je vais battre un rythme et puis quelqu’un d’autre va prendre ma place.  Pour le troisième EP c’est vraiment la façon dont on va travailler.

  Les EP ayant chacun leur univers propre, de quelle manière cette distinction se reflète-t-elle au niveau musical? 

BRUNO : Albatros était plus folk et aérien parce qu’il était lié à l’innocence et l’imaginaire de l’enfance. Ici pour Coma, c’est le monde adulte avec des réflexions peut-être plus contrastées sur le monde qui nous entoure. Du coup il y a des morceaux qui sont plus rock, plus lourds et massifs. Et le dernier, et bien, on verra… On traitera la vieillesse et la sagesse… Nous, on sera pas encore vieux mais on essayera de se projeter! [Rires]

FABIEN : Mais ce qui est sûr c’est qu’il y a un truc qui nous lie fort dans les textes qui sont plutôt métaphoriques, poétiques et surtout implicites. C’est ce qui nous plaît : le fait que ce soit comme une peinture : offrir quelque chose qui permet une interprétation personnelle et pas d’avoir un texte défini du genre « Je me balade la main dans la main avec un cerf dans la forêt », tu vois? Après, ça peut être  intéressant mais l’idée pour nous c’est que ça aille un peu plus loin…

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  Au niveau de vos influences, d’où tirez-vous votre inspiration? 

FABIEN : Nos influences sont très vastes et ne se limitent pas seulement à la musique! Il y a des peintres qui nous inspirent ainsi que le cinéma. Mais oui forcément il y a les goûts musicaux qui entrent en compte! Une énorme influence qu’on peut citer c’est le groupe Radiohead qui nous plaît beaucoup musicalement mais aussi dans le propos. Björk aussi qui est hyper intègre et qui propose des choses nouvelles. Elle n’est pas seulement ancrée dans la musique, elle se saisit d’autres éléments comme l’éducation. Elle a mis en place un projet scolaire/éducatif il y a 2/3 ans où elle propose aux élèves de créer de la musique.

BRUNO : C’est la première musicienne à avoir créer une application directement liée à l’album.

FABIEN : Tout ça pour dire qu’il y a l’artiste en tant que tel mais aussi ce qu’il propose. C’est pas tellement le décalage qui nous intéresse mais plutôt l’anticonformisme. On ne prétend pas dire « Ok, on va faire un truc anticonformiste » mais d’entrée de jeu on n’a pas envie de suivre tout le troupeau, c’est peut-être péjoratif ou prétentieux de dire ça, mais en tout cas pour l’instant c’est comme ça que l’on fonctionne…

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 On remarque que vous portez beaucoup d’attention sur l’esthétisme et le graphisme…

BRUNO : Sur le premier EP il y avait une photo et un logo signifiant In Lakesh en langue maya qu’un artiste dessinateur a créé. Chaque morceau avait son nom écrit en symbole et sa photo qui lui était propre. C’est pareil pour Coma. Fabien fait aussi beaucoup de photos pour le site, la majorité d’entre elles ont été capturées par lui…

FABIEN : Ouais pratiquement, en tout cas ça reste dans le collectif, dans la famille In Lakesh. Pour la couverture de Coma on a fait appel au photographe Jean-François Flamey  pour lequel on a complètement flashé. On s’est rencontré avec tous les membres du groupe et on a passé une super soirée. Il a de suite adhéré à ce que l’on faisait et concrètement, la première chose qu’on lui a dit c’est qu’il était le bienvenu dans notre famille. On parle réellement de « famille » mais pas pour rire, on n’est pas simplement des musicos! C’est super important pour nous d’avoir cette idée de collectif autour de nous car on est tous là pour proposer un projet artistique. Les gens qui apprécient notre projet et qui veulent nous aider, et bien qu’ils se ramènent et ils feront aussi partie de la famille! 

  Et pour finir, où pourra-t-on vous retrouver dans les mois à venir? 

FABIEN : Pas mal de dates doivent encore être confirmées mais nous serons d’ores et déjà au Piano Bar de Namur le 21 mai et au Verdur Rock Festival le 25 juin prochain!